L’interstice de « la pluie d’encre »

Remedios Varo

Qu’il s’agisse des « décors mobiles du rêve » évoqués par Robert Desnos ou de ces « paysages intérieurs » qu’il conviendrait, selon Philippe Soupault, de reconnaître en soi, le surréalisme requiert la saisie quasi automatique, au sein d’un espace esthétique, de pulsions intimes. Or cet espace, comment le définir ? En nous arrêtant sur quelques poèmes de Benjamin Péret et en les rapprochant de certaines peintures de son épouse Remedios Varo, nous révélerons comment l’esthétique d’obédience surréaliste s’inscrit en un point intermédiaire, en deçà des rapports entre texte et image. Et nous montrerons que c’est précisément cet « entre-deux » spatial qui permet à Péret de dépasser la question du genre et de rendre à la poesis toute sa puissance politique.