“Zacharie Astruc, modèle et personnage au carrefour des arts”

in “Histoires littéraires” 2014 – n° 59-60

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Au commencement, il faudrait se souvenir d’une carte postale en noir et blanc, jamais affranchie ni envoyée, trouvée dans une de ces boîtes en bois clair des brocantes, et sur laquelle le regard — d’habitude enclin à ne pas trop s’attarder sinon sur le bristol étiqueté des catégories, tandis que les doigts passent promptement d’une carte à l’autre —, ce regard de pure flânerie dominicale, se serait arrêté, non par fascination pour une soudaine trouvaille collectionnable, mais avec cette simple curiosité qui vous fait passer du coup d’œil rapide sur l’image au déchiffrement de la légende. Ainsi le glissement de l’image vers le texte aurait-il ici suffi pour repenser à cette étonnante sculpture, près d’une des entrées du Jardin du Luxembourg ? Or, de Zacharie Astruc, sculpteur de ce Marchand de masques, n’avait-on pas quelque peu oublié le nom ? Il se retrouve pourtant en ce profil d’homme assis posant pour Manet dans le célèbre Atelier au Batignolles qu’exposa Fantin-Latour en 1870. Et les nombreux portraits que firent de lui, d’année en année, ses amis peintres et dessinateurs, ainsi que la manière dont ses amis écrivains le transformèrent en personnage de roman, témoignent de la place qu’il tenait dans la vie artistique et littéraire des années 1860-1900. Entre images et textes, jouant les modèles et les personnages, Astruc est donc devenu « illustration » plutôt qu’« illustre ».

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